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It's not reality. It's a film. Zoom Back Camera.' Merci... on vient de se taper 2 heures parmi lesquelles on voit quelqu'un manger du caca, un jesus qui déambule dans un hangar multicolore avec un chameau dedans, une hécatombe de grenouilles colonisatrices, une bataille du héros contre les moulages de lui meme...
Bon c'est déjà incompréhensible...
ça m'enerve, je comprends rien...
Mais assurémment c'est un chef d'oeuvre.
Comment comprendre cette ultime affirmation du narrateur-réalisateur (et ce terme prend tout son sens ici puisque c’est précisément à ce moment que le narrateur rejoint le réalisateur en brisant la loi de la fiction cinématographique : « it’s not reality ») après deux heures de film absolument hallucinogènes ? En fait c’est justement cette assertion qui offre toute la cohérence à La montagne sacrée. Car en réalité le film n’a aucune cohérence interne (on en convient tous…), et ce n’est qu’à partir de ce moment que celui-ci prend toute son ampleur pour atteindre une cohérence externe qui ne peut être perçue qu’après avoir vu le film dans son ensemble, dans la contemplation de la totalité des scènes mystiques, empreintes de syncrétisme religieux extrêmement complexe. Tout n’était que fiction (c’est le privilège du récit au cinéma), et cela autorise ces exégèses, difficilement compréhensibles prisent dans leur individualité, mais qui prennent tout leur sens face au film dans son ensemble, comme une montagne justement dont on gravirait peu à peu les hauteurs et que l’on pourrait pourtant embrasser d’un seul regard, et dont la contemplation ne pourrait se faire qu’au sommet (à la fin du film donc), autorisant la phrase finale du narrateur-réalisateur : « it’s not reality, it’s a film. Zoom back camera », brisant ainsi la loi traditionnelle propre au cinéma entre fiction et réalité.
RépondreSupprimerVision intéressante et novatrice: l'alpinisme cinématographique...
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