Nombre de gens piégés

lundi 6 septembre 2010

Le goût du saké (1963) de Y. Ozu


Un film compliqué à aborder car il existe deux écueils à éviter lorsque l'on se plonge dans le cinéma de Ozu. Le premier est de croire que celui-ci filme avec un traditionnalisme éxacerbé la société japonaise. En réalité, Ozu aborde des sujets modernes avec une franche liberté sans laisser, pour la technique, les plans et le cadrage relevant d'un certain classicisme Le second est de penser que la volonté de Ozu est de faire du cinéma. Le drame n'est jamais réel. La difficile vérité , l'enseignement est ésotérique, bien que trés visible. Son espoir est d'amener le spectateur à la reflexion :

"Ozu crée de tels décalages que le spectateur, à force de dépaysements et de malentendus, doit se poser des questions, sans espoir de réponse, comme devant une œuvre d'art ou dans les tribulations quotidiennes de l'existence" J.B. Berthelin
Ozu tourne sur les familles modestes du Japon d'aprés-guerre, la place de la femme ou de la fille dans celles-ci,... et ne se prive pas de montrer les pochtronnades égayés des vieux copains d'école mais jamais sans céder à la flegme des personnages. Japonaiseries, me direz-vous, non le message est une méditation universelle sur la famille, les libertés que l'on se donne et dont on se prive.
Que nous reste t'il en fin de vie?
Nous devons laisser partir celles (Mishiko) et ceux dont on a tellement souffert pour parfaire l'éducation.
On s'ampute de nos grands desseins pour entrer dans le dépouillement, la solitude, la banalité...

2 commentaires:

  1. le texte complet du commentaire de J. B. Berthelin :

    http://lutecium.org/stp/cochonfucius/ozu.html

    (sur le livre que Yoshida consacre à Ozu).

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