Je vais aller droit au but, alors voilà avec le dernier Tarantino on a vraiment touché les bas fonds des (télé-)films de série Z. On sait bien que Quentin (si je peux me permettre) aime jouer avec les extrêmes, décaler le cinéma à la limite du « pulp », jouer avec les clichés et créer des scènes complètements inattendues et jouissives. Mais si la recette avait pendant un temps fonctionnée, avec Inglorious Bastards elle a été poussé à bout ; on sombre à présent dans le ridicule, le malpropre et l’irrespect.
Je sais bien qu’il faut prendre le film au second degré (pour moi se serait plutôt au dixième) mais là il a vraiment poussé le bouchon un peu trop loin. On ne peut, sous couvert de dérision et d’humour, aborder un thème comme la Seconde Guerre Mondiale et le génocide juif avec si peu de respect. Ce qui me gène ce n’est pas tant le scénario, mais la manière avec laquelle Tarantino le traite, il peut très bien inventer toutes les histoires qu’il veut tant qu’elles restent des fictions, mais à partir du moment où l’on décide de traiter d’un sujet historique plutôt difficile, il faut savoir le faire avec raffinement et finesse, et c’est loin d’être le cas ici.
S’il n’y avait que ça à lui reprocher le film s’en sortirait relativement bien, mais à cela s’ajoute les problèmes de réalisations. Tarantino pense avoir trouvé la recette gagnante, et dans Inglourious Basterds il ne fait qu’appliquer cette recette, mais il ne faut pas se laisser berner ! Il n’y a rien d’innovant dans ce film ! Il ne fait que reprendre les scènes déjà éprouvées dans Pulp Fiction, Reservoir Dogs et même Kill Bill. Ce qui faisait la particularité de Tarantino c’était ces scènes improbables où l’on pouvait voir Bruce Willis enchainé dans la cave d’un pervers sexuel observant une scène de sodomie avant de couper au sabre ses assaillants, ou encore un braqueur de banque tailladant un policier au couteau sur fond de musique country. Mais là s’en est trop, on connait son registre par cœur, on peut prévoir toutes les scènes, rien est original, on s’ennuie, et on se dit que Tarantino est vraiment tombé bien bas. Les scènes mythiques qui avaient fait de Tarantino un réalisateur de talent sont donc reprises dans le film et cassent de surcroît la temporalité de l’histoire. C'est-à-dire que le film ne devient plus qu’une accumulation de ce que nous avons appelé « scènes mythiques » tendant à détruire l’unité interne du récit, on a alors du mal à comprendre l’enchainement logique des scènes. L’histoire perd toute sa crédibilité. Honnêtement quand on voit Hitler se faire mitrailler et complètement déchiqueter sous la puissance de la mitraille on aurait pu ressentir une certaine jouissance, mais non, Tarantino manque sa cible et sombre dans le malpropre. S’il continue ainsi à quoi pourrions nous nous attendre ? à une remake de la vie de Jésus ? Non, vraiment, Tarantino a du mal à se réinventer, son registre s’épuise. Pour moi sa filmographie s’arrête au premier Kill Bill, le reste n’est qu’une longue descente aux enfers pour rejoindre tous ces réalisateurs en mal d’inspiration.
Grosse déception, et sentiment d’un dégout profond.
Max.
Une maitrise qui se dégage dans des scènes de suspense impressionantes avec un trés bon jeu d'acteurs...
RépondreSupprimerDerriére ce film il faut y voir une vaine tentatie de réecrire l'histoire... On ne se divertit pas parceque le malaise est présent, le négationnisme n'est pas loin de l'esprit de ce film.
Ou alors on souhaite régler un différend avec l'Histoire: absurde. Il n'y a rien à sauver.
Ou alors rien, on s'amuse: le contexte n'est qu'un pretexte pour amener à des situations loufoques: mais là ça devient de la branlette d'un réalisateur qui n'en a pas fini avec l'adolescence.
D'accord sur les trois points. La nouvelle question devient alors : "faut-il sauver Quentin Tarantino?". Réponse : non.
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